L'histoire d'une municipalité De Baskatong à Sicotte puis à Grand-Remous
Ci-dessus : l'église de la paroisse St-Jean-Marie-Vianney, construite en 1971 pour remplacer la première église construite en 1941 et incendiée la veille de Noël 1969.
Ci-dessous : quelques croix anonymes, c'est tout ce qu'il reste du cimetière de l'ancien village de Baskatong, déménagé sur le chemin de la Pointe à David, après la création du réservoir Baskatong, en 1927.
Photos © Municipalité de Grand-remous et Sogercom.com

Pour jeter un regard sur les débuts de Grand-Remous, il faut remonter à près de 150 ans dans l’histoire de la Vallée de la Gatineau.

Quelque part du haut d’un endroit connu aujourd’hui sous le nom de la Pointe à David, les voyageurs du milieu du 19e siècle pouvait contempler la petite rivière Baskatong et les premiers bâtiments de ce qui allait devenir le village du même nom et la paroisse St-François-Xavier-de-Baskatong.

Le nom est d’origine algonquine. On lui connaît deux sources possibles : Obiskitawang ou Obaskitaong, qui signifie « endroit où l’eau est resserrée par du sable » ou encore Bskaton de Piskita, signifiant « lac plié » ou « glace pliée ». Les eaux de ce lac, pour diverses raisons, travaillaient la glace, la bombaient et la faisaient plier, d'où l'origine de ce nom.

Comme la plupart des villages de la région, Baskatong s’est développé autour de fermes et de chantiers forestiers, entre autres ceux des marchands de bois Gimour & Hughson, autour de 1865.

La paroisse était si misérable que le Père Guinard, qui en avait la responsabilité, la mit sous la protection de Notre-Dame-de-la-Pitié. Pour se rendre à Baskatong, on empruntait alors, à partir de Maniwaki, la vieille route de Ste-Famille, qui traversait les chantiers d’Aumond et de St-Cajetan.

La première chapelle du village fut construite en 1906, seulement. Auparavant, les services religieux étaient célébrés dans les hôtels. À cette époque, Baskatong comptait une centaine d’habitants, avait sa propre école, son marchand général et plusieurs hôtels.

Après la construction et l’inauguration du barrage Mercier, le village est disparu sous les flots du réservoir Baskatong, en 1927. Auparavant, la chapelle avait été démantelée et transportée dans le nouveau village de Grand-Remous, et le cimetière relocalisé à proximité, sur le chemin de la Pointe à David.

L’histoire de Grand-Remous commence à peu près à la même époque que celle du secteur Baskatong. Mais, entre 1860 et 1890, la région est occupée par moins d’une dizaine de familles qui vivent de la chasse et d’un peu de culture. Comme ces familles étaient des « non-enregistrées », on les appelait les « squatters ».

C’est entre 1901 et 1920 qu’on assiste à l’implantation des premières familles enregistrées, et le canton commence à s’organiser.

La paroisse de Grand-Remous a été fondée en août 1930, sous le nom de St-Jean-Vianney, alors que la population du village atteignait presque les 400 habitants. Bientôt, un presbytère et trois écoles viendront s’ajouter. Et en 1930, on entreprendra également la construction du pont couvert Savoyard, au-dessus de la rivière Gatineau.

En 1941, la nouvelle église St-Jean-Marie-Vianney vient prendre la relève de la chapelle construite en 1929. Elle sera détruite par un incendie la veille de Noël 1969, mais reconstruite et inaugurée deux ans plus tard.

Le village de Grand-Remous a d’abord été connu sous le nom de Sicotte, de 1937 à 1973, appellation tirée du nom du canton où elle se situe et qui évoquait le souvenir de Louis-Victor Sicotte (1812-1889), député du comté de Saint-Hyacinthe à Québec, de 1857 à 1863.

Le bureau de poste local a également porté ce nom en 1927, appellation modifiée en Grand-Remous en 1933. En 1973, on modifiait la dénomination officielle municipale pour celle de Grand-Remous.

Il y avait longtemps que les autochtones fréquentant cette région l’avaient appelée de la même façon. Ils lui attribuaient le nom de Obémiticwang, qui signifie eaux agitées, grand remous. Ils se rencontraient à cet endroit.

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Bibliographie
Commission de toponymie du Québec, Gouvernement du Québec
Maniwaki et la Vallée de la Gatineau, Anastase Roy, 1933
Une rivière qui vient du nord, Louis-André Hubert, 2001